Histoire d’amour: Fanny la sénégalaise (partie 8)


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PARTIE 8 • FANNY LA SÉNÉGALAISE •

Je me souviens à l’hôpital quand maman est venue me voir, c’était douloureux pour elle d’apprendre que son unique enfant est prostituée. Elle s’est jetée par terre et a vraiment pleuré.

Je suis consciente que je l’avais vraiment déçu, elle ne croyait pas que sa fille de 18ans pourrait être pute, c’était regrettable. Et les femmes africaines comprennent mieux la douleur qu’avait ressenti ma mère ce jour-là.

Elle s’est vraiment roulée au sol et a pleuré pendant un moment avant de se jeter sur moi et me frapper malgré mon état de santé.

Elle m’a bien frappé, Safi et Aïcha la suppliaient de me laisser, mais rien, elle me frappait en pleurant.

Ça faisait très mal, je venait d’humilier ma famille.

Freddy ne disait rien, il avait juste les poings serrés, les yeux rouges, débout là à nous regarder, je ne sais pas à quoi il pensait, mais il n’était pas bien en tout cas. Tout ça à cause de moi. Je m’en veux toujours, maman s’est donnée en spectacle à cause de moi, Tante Awa ne disait rien non plus, elle était juste assise sur une chaine les larmes aux yeux.

C’est cette scène humiliante qui s’est passée ce jour-là, le jour où ma pauvre mère avait appris que je suis pute. Je me sentais sale et impure, et je me disais que je ne méritais pas d’être la fille biologique de cette pauvre dakaroise. C’était lamentable

Aujourd’hui nous avons prévu que nous allons faire des courses moi, Aïcha et Freddy. On organise un petit truc au bord de la piscine chez Freddy après demain, donc il nous faut remplir le frigo. Et Aïcha a même invité Mohamed. Mohamed c’est son petit ami, il est étudiant en droit à l’Université Cheikh Anta Diop.

—Moi:« On fera du riz rouge, donc il faut une boîte de tomate ».

—Freddy:« Et pour accompagner il nous faut oignons, poireaux, poivrons,piments… ».

Du coup Aïcha l’a rompu la parole en disant,

—Aïcha:« Hey Arrête monsieur l’expert en cuisine, on prendra tout ça au marché en rentrant ».

—Freddy:« Mais il y a tout ça tout près ici, pourquoi aller encore au marché ?».

—Moi:« Non, ici c’est trop cher Hein !. On est pauvre, il n’y a pas de moyens ».

—Aïcha:« Sûrement ma chérie ».

—Freddy: « Est-ce que c’est une question de moyen ?»

—Aïcha et Moi:« Ouiiii ».

—Freddy:« Je ne veux pas susciter une discussion, c’est moi qui paierai ».

—Aïcha:« Non hein ! on ne t’a pas demandé ton aide, on n’a pas cotisé pour rien ».

—Moi:« C’est vrai ma puce ».

—Aïcha:« Ne nous insulte pas hein Freddy, sinon moi je te bastonne ici ».

—Freddy:« Waouhc’est ce qu’on t’apprend à l’eglise hein Aïcha ?»

—Aïcha :« Imbécile Freddy tu m’entends ! Imbécile ».

Freddy et Aïcha aiment bien plaisanter, et moi je me comporte souvent en spectatrice.

—Moi:« Mdr »

—Aicha:« Et puis toi là, choisi ton camp hein, vilaine, Freddy me nique, toi tu ris ».

—Freddy:« Mdr, Aïcha écoute, moi je suis son coeur, son cheri, tout pour elle, il n’y a pas de place pour toi Oh !»

—Aïcha:« Tchip ».

—Freddy:« ».

—Moi:« Oh pitié hein ! Viens dans mes bras ma copine chérie ».

—Aïcha:« Quitte là menteuse !».

Puis elle m’a frappé le bidon d’huile sur la tête.

—Moi:« Folle, on m’a boxé l’autre jour par Fatou la sorcière, tu as déjà oublié ?».

—Aïcha:« Mdr bien fait, on t’a corrigé. Bon, séparons nous pour faire vite les courses ».

C’était super, on a beaucoup rigolé, avant de se décider d’aller faire nos achats. On avait divisé la liste des courses en trois. Moi je devais aller chercher tout ce qui est boisson, dessert et tout.

J’étais au centre commercial en train d’en chercher quand quelqu’un m’a touché à l’épaule, je me suis retournée et là je suis tombée sur Moussa. L’ami de Samira, le bel homme qui m’avait séduit la fois dernière à la soirée.

Le fait de le revoir m’a troublé, j’avais la chaire de poule, mais je ne lui ai quand même pas montré qu’il me troublait à ce point. On ne montre jamais à un homme qu’on craque devant lui, il faut toujours faire genre semblant quoi.

—Moussa:« Salut toi, comment tu vas ? ».

—Moi:« Ehhhh ?! »

—Lui:« C’est quoi ce regard interrogateur là ? Tu ne me reconnais pas ? Tu es serieuse ? ».

—Moi: Oh ! Non, désolée, vous êtes ? ».

—Lui:« ah ça !… Moussa, l’ami de Samira, on s’est rencontré la dernière fois chez elle, pendant la soirée ».

—Moi:« Ah ouuii je vois, aahh d’accord ».

—Lui:« Ouf ». Il a fait un Ouf de soulagement, avant que je lui dise,

—Moi:« Ça va ? ».

—Lui en souriant : « Ouais et toi ? Je vois que tu te portes mieux ».

A Lire:

Imbécile, il venait de faire allusion à la bastonnade que Fatou m’avait faite.

—Moi:« Oui je me porte mieux. Sinon que deviens tu ? »

—Moussa:« Eh bien, rien suis là !. Pour tout te dire, j’espérais vraiment te revoir un jour. Je suis vraiment content là ».

—Moi en souriant:« Ah bon ? Bah c’est fait ».

Waouhil voulait me revoir

Parle moi bien papa, tu veux quoi ? Me sauter ?.

—Lui:« …. » il ne me disait rien, se contentant de me regarder et moi je souriais. Puis il m’a dit,

—Lui:« Fanny, au fait, je peux avoir ton num ?».

—Moi:« Bien sûr que oui, prenez !»

Je lui ai dicté mon numéro tout à coup.

—Moussa:« Merci, je t’inviterai à prendre un verre un de ces jours. Ça te va ?»

—Moi:« Ouais, ça ne me dérange pas. Bon, je dois te laisser, à plus tard Moussa ».

—Lui:« Ok beauté ».

Du coup j’ai tourné les talons et je suis allée vers Freddy qui nous observait depuis longtemps.

Waouh j’aime ce que je viens de faire à Moussa. J’aime vraiment ça; quand vous vous retrouvez dans une situation pareille, il ne faut jamais laisser l’homme vous narguer, ils sont sauvages les hommes, il faut leur montrer que vous ne jouez pas, si il était parti avant moi, je serai resté là debout on dirait une tarrée, là c’est lui qui est resté là comme un imbécile.

Il se disait que comme il est trop canon là j’allais fondre devant lui, non hein, il faut craquer seulement à l’interieur, dehors là, ne laissez rien paraitre, ce n’est pas bon.

Bon, Freddy m’a dit,

—Freddy:« C’était qui ce type ? ».

—Moi:« Un mec que j’ai rencontré à la boîte ce jour-là ».

—Freddy:« Humm ! ».

—Moi:”« On a rien fait Freddy !»

—Freddy:« Je n’aime pas ça hein ».

—Moi:« Ça quoi ? Je ne mens pas ohh ! »

—Freddy:« Il voulait quoi ? ».

—Moi:« Il est venu me saluer et il a pris mon num, il va m’inviter à prendre un verre un de ces jours ».

—Freddy:« ………….. ».

Freddy n’a rien dit, il a serré les poings, j’ai vu la colère dans ses yeux ,mais ce fut vraiment très rapide. Il a passé son bras autour de mon cou et on est allé à la caisse où Aïcha nous attendait déja, on a payé et on est sorti.

Nous sommes allés déposer nos achats chez Freddy, et en fin nous nous sommes dirigés au fin fond de Dakar, dans la commune de Cambérene, chez ma mère. Maman avait fait la cuisine et tout, elle nous avait tous convoqué. Quand je dis tous, je parle de Freddy, Aïcha et moi.

Il y avait des Haricots, des pommes de terre, du manioc, des bananes et du riz. Tout ça là c’est seulement parce que Freddy et Aïcha sont là, tous les jours ici maman me dit qu’elle m’aime à la folie, que je suis son coeur, son bébé, et tout. Elle ne cesse de me répéter tout les jours ici :« Nop naa la sama doom ». Ce qui veut dire, je t’aime ma fille dans ma langue wolof, mais jamais elle n’a fait un festin pareil pour moi.

—Maman:« Fanny viens prendre les couverts pour faire la table ».

—Moi:« J’arrive maman ».

Je suis allée prendre les couverts, j’ai fait la table, apporté le repas, et tout. On s’est tous installés, servis, on riait, et bavardait.

—Maman:« Freddy, Aïcha merci beaucoup d’être venus, vous êtes aussi mes enfants ».

—Aïcha:« Merci maman, nous sommes très heureux d’être parmis vous cet après-midi, c’est un plaisir ».

—Freddy:« C’est vrai, moi je suis toujours bien accueilli ici, je suis content d’être là ».

Et il a ajouté en me regardant,

—Freddy en souriant:« Ma voisine est jalouse hein »

—Tante Awa : « WaouhFanny parle je suis de ton côté ma cherie ».

—Moi:« Vraiment il n’y a que toi ma tantine cherie, tu es la seule qui m’aime ici ».

—Maman:« Oh ne sois pas triste ma cherie, tu sais que tu es my number one non ?. Tu es mon sucre, mon poumon, mon amour, l’ingredient secret de ma sauce, mon bonheur, ma guérison, ma vie, mon bijou, mon diamant, personne ne te vaut mon bébé, tu es inestimable ».

Ces paroles m’ont fait un truc étrange au coeur, j’avais commencé à pleurer, je me suis levée et puis je me suis jetée dans ses bras. ce qu’elle a dit m’a fait chaud au coeur, c’est rare qu’elle me sorte de telles paroles. J’aime trop ma maman.

—Maman:« Bon, arrêtes de pleurer Fanny, si je vous ai reunis ici aujourd’hui, c’est d’abord pour remercier Awa, Freddy et Aïcha. Vous avez toujours été là pour nous, pour ma fille, sans vous, Dieu seul sait ce qu’elle serait devenue.

Vous l’avez entouré, couverte d’amour, vous lui avez rendu le sourire, et vous l’avez encadré. Merci encore une fois à toi Freddy, tu as aidé mon bébé plus d’une fois, rien qu’il y a trois semaines tu as encore prouvé à quel point tu es un bon garçon.

Il fallait que je vous remercie, car vous êtes de très bons enfants, vous êtes déjà la famille, je tiens à vous et je tenais à vous le dire… Merci ».

Freddy avait déjà les yeux rouges, il ne pleurait pas ,mais je sais qu’il était très touché. Aïcha elle c’est une vraie madeleine, les larmes coulaient déjà, elle veut transformer notre bicoque en marigot ou quoi.

Freddy et Aïcha ont remercié maman, ils ont parlé et tout, c’était trop mimi.

—Maman:« Et ce n’est pas tout, j’ai une nouvelle à vous annoncer ».

—Moi:« Quoi ?».

—Maman:« On quitte Cambérene, On déménage ».

—Moi:« Ah bon ! Comment ça on déménage ?».

—Maman:« En fait, je ne sais même pas par où commencer tellement c’est long ».

—Moi en souriant:« Prends ton temps maman chérie, c’est une très bonne nouvelle ».

—Maman:« Tu sais, quand nous vivions encore à Yoff et que ton père commençait à déconner, j’ai décidé de saisir moi-même mon avenir ».

—Moi en souriant : « Comment ça maman ?»

—Maman:« Sois calmes Fanny. Bon, je disais, quand ton père avait commencé à me tromper avec sa petite gambienne Salimata, j’avais décidé de lui confisquer une grande somme de l’argent qu’il avait mis à la banque Sénégalaise.

Ah oui, car toute les richesses qu’avez ton défunt père m’appartenait, c’était mon héritage, mes défunts parents l’avaient donné la responsabilité de leurs biens car ils savaient que ton père m’aimait, sûrement à cette époque là il m’aimait, je l’aimais également, on était heureux et jusqu’à ce que tout à basculer. Il a commencé à me frapper, me trompait avec d’autres femmes, et c’était vraiment choquant.

Quand je remarquais cela, j’ai confisqué la somme qu’il avait mis ici au Sénégal, et cette somme était de deux-cent milles dollars. Quand on nous a foutu dehors comme des mals propres par tes oncles parternelles, je savais que nous ne mourrions jamais de faim.

Donc avec un cent milles $ de cette somme, j’avais investi dans la construction d’une villa à Dakar-plateau, maintenant elle est achevée et meublée de fond en comble. Ta tante Awa a participé de tout coeur à la construction de cette villa, elle a son appartement à l’interieur de la concession,et les meubles aussi. C’est un peu tout ».

—Moi:« …………… ».

Je n’ai rien dit pendant un moment, je sentais la colère monter en moi, elle montait à grande vitesse.

—Moi:« Attends un peu maman, qu’est-ce que tu veux dire par là ?. Oh ! ce n’est pas possible c’est faux, . Tu veux me dire que tu nous a fait vivre ici pendant tout ce temps alors que tu avais plusque le stricte necessaire ?. Non, j’y crois pas maman.

Pourquoi tu avais accepté de me faire vivre dans une telle médiocrité ?. Sinon ce viol, ce viol qui a détruit ma vie n’aurait jamais eu lieu, j’aurais pu être épargnée. Maman, tu n’a rien fait pour me proteger, tu m’as tué maman Sniif».

—Maman:« Non ma fille ne le prends pas comme ça, je ne pouvais pas depenser cet argent là comme ça !»

—Moi en pleurant :« Non pardon Arrête ! J’ai abandonné mes études maman, mes études, mes rêves de devenir médecin ou avocate, mon corps, tout ça,….. Et là tu me dis qu’en fait tu étais millionnaire, je n’arrive pas à y croire ».

J’avais si mal, pourquoi elle a pu faire ça ? surtout que les images de mon viol repassaient en boucle dans ma tête sans arrêt, l’image du viol que Ismaël et sa bande m’avait fait, continuait à me tourmenter chaque jour, je n’étais pas en paix, elle aurait pu m’épargner cela, mais non.

Hormis tout cela, l’abandon de mes études, mes moments de galère, ma vie de débauche, ma première fois avec les hommes mariés, leurs fils, et tout.

Ça faisait tellement mal, et je ne pouvais m’empêcher de pleurer

À SUIVRE…

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