Shanice prête à tout pour réussir (Chapitre 18)


Vie-couple-africain

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Shanice prête à tout pour réussir.

Chapitre 18.

Diamond- Rihanna

Shine bright like a diamond, c’est avec cette musique dans mes oreilles que je quitte Douala à bord du bus VIP pour Yaoundé.

Je fais des gros efforts pour oublier que j’ai un œuf géant dans mon vagin mais rien n’y fait, comment ignorer un truc que l’on sait planté en nous?.

×××××××Éclipse ×××××××

Seize heures, j’arrive enfin à Yaoundé. J’ai la gorge sèche tellement j’ai soif mais je me prive de boire afin d’éviter une envie d’uriner. Je ne peux pas me permettre le luxe de vider ma vessie avec ce colis planté en moi.

Ma démarche se fait de plus en plus normale, même si à chaque pas je ressens un petit mal dans mon bas ventre. Mon téléphone signal un appel entrant de Lucien que je m’empresse de décrocher:

Moi : Allô ?

Lui: Quelle est ta position ?

Moi: Je viens d’arriver sur Yaoundé, je me dirige à l’agence pour continuer le voyage jusqu’à kye-ossi.

Lui : Bonne fille. Je suis fière de toi bébé tu sais?, tu m’impressionne de jour en jour et ça me galvanise dans les projets que j’ai pour toi. Tu gagnes ma confiance un peu plus et mon cœur, ensemble nous allons faire des merveilles.

Ses paroles même si dans un petit coin de mon esprit je sais qu’elles sont fausses me réchauffent le cœur.

Si il y à bien une chose qu’il sait faire c’est jouer avec les mots aux bons moments, ça peut paraître ridicule mais à chaque fois qu’il me dit que je l’impressionne j’ai envie d’aller plus loin, de l’impressionner encore plus et qu’il sache que je suis meilleure bien plus que ce qu’il peut imaginer.

Moi: je ne doutes pas.

Lui : Vas-y bébé et sois prudente. Je te veux de retour à mes côtés donc sois très prudente.

Moi:Ne t’inquiète pas tout se passera bien comme toujours j’assure.

Cette conversation me fait un grand bien et c’est d’un pas assurer que je me dirige vers le prochain voyage, munis de mon sac et vêtu d’un jeans bleue sur un polo bordeaux recouvert d’un pull blanc le tout avec une paire de tennis blanche.

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Lui : Grande sœur Ambam? aussi pressé ?

J’ai d’abord un instinct de recul, les gars de mvan ci ont une très mauvaise réputation. Le vole ici c’est comme un virus. Je l’observe bien et me rends compte que c’est un chargeur, ceux qui s’occupent de chercher les clients en bordure de route pour les orienter vers l’agence.

Moi:kye-ossi. Répondais-je curieuse.

Lui : Tu n’as pas de bagages non? Demande-t-il regardant à mes côtés.

Moi:Non non, juste mon sac.

Lui: Il y’a une place dans le bus qui part là dans deux minutes, au lieu d’attendre le prochain profite une fois.

Moi:Ah vraiment ? Okay merci. J’achète mon ticket où ? Demandai-je souriante.

Lui : Donnes moi ta carte et l’argent. Répondit-il.

Je fouille mon sac et sors un billet de dix-mille ainsi que ma carte d’identité que je lui remets. Il s’en va à la caisse et reviens une minute après avec un ticket et le reliquat.

Moi:Merci mon frère. Dis-je sincèrement.

Lui : Y’a pas une bière là grande sœur ? Demande-t-il souriant de toutes ses dents.

Ça m’aurait étonné qu’il ait fait ça gratuit ! Camerounais. J’enlève mille francs CFA et les lui donnes, comme disait maman c’est encore mieux que de voler. Ah comme elle me manque ma maman, et Alice comment va-t-elle ?

Ce n’est qu’à ce moment que je me rends compte qu’elle n’était pas connecté toute la journée et la soirée d’hier. Je décide donc de l’appeler, le téléphone sonne un bon moment alors que je prends place à côté d’un monsieur avant qu’elle ne décroche.

Moi: Allô Alice ?

Elle:Oui sha, c’est comment ?

Moi: c’est à moi de te demander comment tu vas? Depuis hier tu n’es pas en ligne il y’a quoi?

Elle : Ah mon téléphone à planté depuis, il refuse d’ouvrir mon whatsapp tsuip ça me fatigue.

Moi: Hum il faut déjà le changer. Je me suis inquiété. Ça va là-bas j’espère et maman tu as de ses nouvelles ?

Elle:Oui t’inquiète elle va bien.

Moi:Okay tu as encore l’argent noorh? Je rentre demain soir.

Elle: oui oui. D’accord je suis là je t’attends, tu me gardes les noix de coco pardon ma’a.

Moi: okay j’ai compris. Bye porte toi bien .

Elle : Toi aussi bye.

Ça me fait un grand bien de lui parler et de savoir qu’elle se porte bien ainsi que maman. Ce bus n’est pas très confortable, il est petit et la chaleur est intense. Dieu merci le monsieur m’a laissé m’asseoir à l’angle juste à côté de la fenêtre. Les derniers réglages fait, nous quittons enfin Yaoundé.

Je me réveille à chaque péage ou control et m’en dors juste après. Moi qui pleurais la chaleur, me voilà servit avec un de ces vent qui m’oblige à nouer mon écharpe autour du cou, ce que ce voyage est long et épuisant vivement que j’arrive et me débarrasse de ce truc pour pouvoir étancher ma soif et vider ma vessie.

Il est presque minuit soit vingt-trois heures trente sur mon téléphone lorsque nous empruntons un sentiers qui mène à Ambam d’après ce que j’entends les gens dire. Tout est lugubre et seuls les phares du chauffeur éclairent la route qui elle même n’est pas bonne car non goudronnée elle est également cabossée.

Alors que le chauffeur essaye de se sortir d’un nid de poule des gens apparaissent comme par magie devant la route. Je crois d’abord à une hallucination tellement c’est rapide et inattendu avant de comprendre quoi que ce soit, une main frappe la vitre de mon côté et les mêmes bruits se font entendre de part et d’autres du véhicule.

Je tremble et me rappelle immédiatement des paroles de Lucien “C’est vrai qu’il y’a souvent des coupeurs de route qui dérangent mais en ces temps c’est calme”.

Et pour seul reflex pendant que la portière du minibus s’ouvre sous la pression et que des gars entrent en furie dans le bus, j’essaye d’extirper mon porte monnaie que je fini par trouver dans mon sac mais au moment même où je veux le cacher dans mon soutien gorge , un gars avec une machette limée des deux côtés la frappe à côté de moi me faisant lâcher par peur et surprise le porte monnaie qui tombe sur le sol du bus sous un crie de surprise de ma part.

SORTEZ TOUT, DONNEZ TOUT, TÉLÉPHONES, ARGENT, BIJOUX!!! DÉPÊCHEZ-VOUS SI VOUS NE VOULEZ PAS MOURIR COMME DES CHÈVRES !!!.

S’écrit une voix parmi eux, je ne peut pas déterminer qui est-ce encore moins combien ils sont car j’ai la tête baissée sur mes genoux et les mains sur mes oreilles. Seigneur c’est quoi ça ? Je ne veux pas mourir pardon, qui m’a envoyé ?. Mes larmes commencent à couler.

METTEZ TOUT DANS LE SAC QUI VIENT DEVANT VOUS LÀ, JE DIS BIEN TOUT HEIN!

C’est ainsi que je décide soulever la tête discrètement et vois deux des malfrats qui tiennent chacun un sac et passe de rangée à rangée pour récupérer dans les sacs qu’il tiennent ouverts, Argent, téléphones etc, tandis que deux autres prennent soin de fouiller les passagers ainsi que leur sacs pour s’assurer qu’ils ne laissent rien.

Je tourne ma tête pour regarder derrière et me rends compte que le même scénario se déroule à l’arrière en avançant.

Si seulement je pouvais atteindre mon porte monnaie mais je n’ai aucune envie d’attirer leur attention sur moi d’autant plus que deux autres armés de revolvers sont tenus ci et là pour observer.

Des reniflements et pleures se font entendre pendant que nous nous faisons dépouiller. Arrivé à mon niveau le bandit nous crie dessus à mon voisin de siège et à moi

ALLEZ  HOP DEDANS ET QUE ÇA SAUTE!

Je mets mon téléphone dans leur sac et leur donne mon sac à main qu’ils fouillent avant de le jeter sur moi, Je suis sur le point de crier un ouf de soulagement me disant qu’ils n’ont pas vu mon porte-monnaie lorsque l’un se baisse pour le ramasser me souriant de ses dents jaunes.

Mon coeur se fend en milles morceaux, weh mon Dieu mon argent comment vais-je faire pour arriver où je vais et renter?. Une fois qu’ils ont terminés leur sale besogne ils descendent du bus et somment le chauffeur de continuer son chemin en entrant dans la brousse. Le mini-bus n’est plus que lamentations on se croirait à un deuil, chacun se lamente et pleure comme il peut surtout les femmes.

Mon voisin de banc essaye de me calmer comme il peut me rassurant que ça va aller ceux sont des choses qui arrivent. Le bus reprend son chemin jusqu’à l’agence de kye-ossi. Je descends sans vraiment savoir où je vais suivis de mon voisin de siège.

Lui: Où vas-tu maintenant ? Demande-t-il en m’emboîtant le pas.

Moi; Je n’en sais rien. Je devais appeler une fois arrivé pour qu’on vienne me chercher je ne connais pas la ville, c’est ma première fois ici. Répondais-je abattu.

Lui: Ton copain? Si tu as son numéro on peut aller au call box tu l’appelles. Propose-t-il.

Moi: Je n’ai pas son numéro en tête on s’est rencontré à peine et il m’a invité à le rejoindre ici. Mentis-je.

Il n’est quand-même pas question que je lui dise que je transporte de la drogue dans mon vagin pour la livrer à un client !.

Lui: Ah! c’est compliqué comme situation et tu n’as aucun repère même pas le nom d’un quartier?

C’est à ce moment que mon cerveau se remet en marche, Lucien m’a envoyé le nom de l’hôtel où je devais rencontrer le client là monsieur Habib Gabin sur whatsapp…. Ah concentre toi Shanice, tu l’as lu. Je fermes les yeux un instant et essaye de calmer ma respiration pour faire défiler nos conversations.

Moi: C’était euh… L’hôtel …..satel,satarel quelque chose comme ça.

Lui: Safarel hôtel?

Moi: Voilà oui c’est ça. C’est cela exactement !

Lui: C’est un pas très loin d’ici un taxi peut t’y conduire, c’est au centre ville. Viens avec moi. Dit-il en avançant.

Moi: Où ? Demandai-je sceptique.

Lui: Tu as peur? Je vais tchouker au distributeur non loin d’ici pour te remettre de quoi payer un taxi. Heureusement pour moi mes cartes sont toujours rangées dans une petite poche de mon pantalon.

C’est lorsqu’il parle de carte que je me souviens que ces bêtes coupeurs de route ne nous ont pas fouillés en profondeur et lorsque le petit de l’agence m’a rendu ma carte je l’ai mise dans mon jeans ainsi que le reliquat. Je fouille donc dans mes poches et retrouve ma carte ainsi que cinq-mille francs, que je remets discrètement à leur place.

Moi: Vous êtes vraiment très gentil monsieur….

Lui: Jean-Luc. Dit-il.

Moi: Shanice.

Lui: enchanté. Viens.

Nous empruntons un taxi pour le guichet où il effectue son retrait et reviens.

Lui: Bon tiens ceci. Dit-il en me remettant un billet de dix-mille francs.

Moi : Oh! Merci beaucoup Jean-Luc, je ne saurais comment vous remercier. Dis-je émue.

Lui: ce n’est rien ma belle. J’espère que tu trouveras ton copain mais au cas où tu ne le retrouves pas ou que tu as un soucis, appelles moi. Dès demain soir je serais joignable, j’irais reconduire mes numéros très tôt le matin.

Moi: Ah merci que Dieu te bénisse.

Lui: C’est rien.

Il sort et s’en va donner ma destination au chauffeur, puis reviens me dire au-revoir

Lui; J’ai payé. Il va te déposer à l’hôtel. Appelles moi si besoin Shanice.

Moi: merci encore.

C’est ainsi que le taxi démarre avec moi pour une destination que je ne connais que de nom. Le film de l’agression défile encore dans ma tête, et à chaque vision je suis prise de panique et frisson. Je n’ose pas imaginer si cela c’était fait dans la rue et qu’ils avaient essayé de me violer avec ce truc dans le vagin. Le taxi s’arrête devant un grand hôtel et je reconnais là le nom. Je le remercie et sors récupérant mon sac pour me diriger droit dans le bâtiment. Je vais à la réception et trouves un jeune homme.

Moi: Bonsoir s’il vous plait je voudrais aller à la chambre de monsieur Habib Gabin.

Réceptionniste : numéro de chambre s’il vous plait ?.

Voilà alors où je vais me retrouver coincé.

À suivre….

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