relation de Couple
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ÉPISODE 44

MA VIE ET MON HISTOIRE D’AMOUR

Après ma rencontre forfaitaire avec la mère de Rody, j’étais anxieuse à l’idée qu’il vienne sonner chez moi un jour.

Ma peur a augmenté quand deux jours plus tard, ma sœur qui était passée me voir m’a raconté qu’après mon départ sa mère s’était disputée avec sa copine, cette dernière l’accusant de ne pas lui avoir dit que l’enfant ressemblait comme deux gouttes d’eau à son fils.

J’ai été obligée de lui avouer que cette femme était la mère biologique de sa nièce.

-ELLE :« si je comprends bien ma mère était au courant depuis le début, que le fils de cette femme est le père de ta fille ?»

-MOI:« père biologique précise, oui ta mère était au courant, d’ailleurs, elle avait réussi à l’époque à convaincre mon père que je mentais »

-ELLE :« mais pourquoi tant de haine, pourquoi elle fait cela ?»

-MOI :« je ne sais pas ma puce, on ne saura jamais peut être »

À partir de ce jour, je vivais dans une peur perpétuelle, je n’avais personne à qui en parler, car mon mari lui ne voulait plus jamais en entendre parler.

Du coup, j’étais seule avec mes démons intérieurs, ce stress quotidien me rendait nerveuse, j’essayais de cacher à mon mari l’état où je me trouvais.

Je ne connaissais pas leur intention, et le fait d’ignorer où ils voulaient en venir me mettait dans une position vulnérable, ma peur n’était pas qu’il vienne réclamer l’enfant ceci était impensable, mais qu’il la perturbe ,qu’il vienne gâcher tout ce que j’avais mis des années à construire.

Pour ma fille, son père ne vivait plus, j’ai choisi de lui dire cette vérité plutôt que de lui dire qu’il ne voulait pas d’elle et de toute façon ,je n’avais pas menti, cet homme était bel et bien mort pour nous, et sincèrement,je n’étais pas prête à lui servir une autre version que celle dont je lui ai servi depuis le début et c’est tant mieux ainsi .

Au cours des semaines, mon anxiété à commercer à diminuer, j’ai repris ma vie en main et j’ai réussi à canaliser ma peur.

Mais je ne savais pas que cette peur allait être remplacée par une autre mille fois pire, cela a commencé un jour, alors que nous étions entrain de dîner à la maison avec Dan et sa copine, le téléphone de mon mari a sonné,il s’est levé pour aller répondre quand il est revenu,il s’est excusé en disant que c’était le boulot.

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Cela m’a semblé bizarre pour un samedi soir, même si je me suis dit que c’est peut-être vrai ,il avait beaucoup de boulot. Mais un grain de doute s’est planté dans mon esprit , et je me suis rendu compte que ce n’était pas le fait de recevoir des appels qui me dérangeait ,mais le fait que maintenant il s’isolait souvent pour répondre au téléphone ,chose qu’il n’a jamais faite, même dans le cadre de son boulot Arlon prenait toujours ses appels devant moi.

Plus les jours passaient , plus il devenait de plus en plus bizarre, il répondait souvent au téléphone la nuit , des fois même après que nous soyons couchés.

Il pensait que je ne le sentais pas se lever mais c’est faux , je l’entendais même murmurer dans les toilettes.

Un jour je l’ai entendu murmurer d’une voix douce

-ARLON :« tout ira bien ,je m’occuperai de vous »

quand je lui ai demandé à qui il parlait ,il m’a répondu à un client.

À partir de ce moment, j’ai commencé à douter, mon mari présentait tous les signes d’un homme qui mène une double vie, je commençais à ressentir une peur viscérale qui me tenaillait le ventre, je me suis rendu compte que je pouvais tout perdre si jamais cela s’avérer être vraie, mon mariage volerait en éclats, je ne pourrai pas le supporter , je peux tout partager dans ma vie sauf Arlon.

J’étais plus attentive à ses coups de téléphone, essayant de grainer une ou deux informations, mais il ne laissait rien filtrer, puis je me suis dit que je vais vérifier son téléphone pour voir ses messages, mais le code de verrouillage était changé.

J’ai poussé un ouf de soulagement, même si je l’ai fait , je ne pense pas être prête à faire face à la vérité.

Arlon lui n’avait pas changé du tout, il se montrait toujours aussi prévenant avec moi, mais je ne pouvais pas le regarder sans penser qu’il était peut-être entrain de me tromper avec une autre femme.

Et ses doutes ont fini par creuser un puits entre nous. Lui-même a senti que je n’étais plus la même , j’étais devenue triste , tourmentée par toutes ces questions que je me posais, qui est-elle ; où est-ce qu’elle habite ; Comment faisait-il pour la voir pendant ses heures de boulot ; est-il amoureux d’elle ,tant de questions me torturaient l’esprit .

Un jour alors qu’il dormait paisiblement à côté de moi , je me suis levée pour aller m’asseoir dans le salon avec la lumière éteinte, réfléchissant à quelle stratégie adopter, devrai-je lui en parler même si je n’ai pas de preuves ,juste des doutes ou bien devrais-je attendre d’ en avoir le cœur net ?, et là une petite voix me souffla que feras-tu en ce moment ?, tout à coup la lumière du salon s’est allumé m’aveuglant temporairement, j’ai cligné des yeux plusieurs fois ,avant de m’y habituer, Arlon se tenait devant moi ,il avait l’air inquiet.

-ARLON :« Mais pourquoi tu restes seule dans le noir, j’ai eu peur quand je me suis levé et que j’avais vu que tu n’étais plus dans le lit , qu’est-ce qu’il y’a »

-MOI:« je n’ai vraiment pas sommeil c’est tout »

-LUI:« d’habitude quand tu n’arrives pas à dormir, tu me réveilles »

-MOI:« j’avais juste envie d’être seule un moment »

-LUI:« Qu’est-ce qui t’arrive, récemment, tu sembles malheureuse, tu as des accès de mélancolie, tu pleures pour un oui ou un non, dis-moi ce qui ne va pas ma chérie ?»

-MOI:« il ne t’est jamais arrivé de vouloir être seul toi , cela n’a rien d’anormal , pas la peine d’en faire toute une histoire »

Mon ton était dur, je ne l’ai pas fait exprès

-LUI:« et je peux savoir pourquoi tu t’énerves si ce n’est rien de grave ?»

-MOI:« et toi qu’est-ce que tu n’as pas compris dans la phrase, je veux être seule, ce n’est pas compliqué à ce que je sache ! »

Il m’a regardé, puis il a tourné les talons pour repartir se coucher, je ne voulais pas être agressive avec lui , j’ai voulu le rappeler, mais trop tard ,il était déjà monté,je suis restée seule sur mon canapé, j’avais l’impression que deux personnes cohabitaient en moi, d’un côté la femme mariée qui voulait croire à la fidélité de son mari et de l’autre celle qui a été tellement déçue par la vie que sa confiance ne tenait qu’à un fil.

Je pense que le stress de ses derniers jours m’a rendu malade, j’avais des vertiges tout le temps, je me sentais faible.

Un certain matin , je me suis réveillée complétement malade, je n’arrivais pas à sortir du lit .

Évelyne m’a appelé au téléphone pour qu’on se voit , je lui ai dit que je ne pouvais même pas me lever, elle a insisté pour venir me voir, quand elle est arrivée , elle m’a dit qu’elle allait me ramener à l’hôpital,

-MOI:« non cela va passer, depuis des jours c’est comme ça , cela finit toujours par se calmer, c’est juste des migraines ,je pense que je couve quelque chose »

-ÉVELYNE :« attend des migraines et quoi d’autres ? »

-MOI:« je me sens faible et j’ai des nausées aussi»

-ELLE :« tu as pensé à acheter un test de grossesse ?»

-MOI:« quoi »

En y réfléchissant, c’est vrai que je n’ai pas vu mes règles , j’ai fait un rapide calcul mental, j’avais un retard de plusieurs semaines déjà , et comment j’ai fait pour ne pas m’en rendre compte, et tous ses signes s’étaient les mêmes que lorsque j’étais enceinte de Julia.

-MOI:« tu sais quoi, je vais le faire , après j’irai acheter un tige»

-ÉVELYNE :« non ne bouge pas, je vais aller t’en acheter ».

Une demi-heure plus tard, elle est revenue avec le test qu’elle a déposé sur la table .

-ÉVELYNE :« je vais partir, une fois que tu te sentiras mieux fais-le ,j’espère de tout cœur qu’il sera positif, si c’est le cas demain je te donne le numéro d’un bon gynécologue, tu pars le voir,Ok ? »

-MOI:« d’accord merci pour tout ».

Des heures plus tard ,je me suis levée pour aller dans les toilettes,le test de grossesse à la main, je tremblais un peu ,normalement je devrais attendre le matin, car il est plus conseillé de le faire à cette heure car l’hormone chorionique (bêta HCG) est plus concentrée dans les urines le matin, mais je ne pouvais pas attendre ,je voulais savoir, j’ai ouvert l’emballage ,j’ai pris la notice pour lire, j’ai suivi les étapes décrites et j’ai attendu.

Après quelques minutes d’attente, deux traits sont apparus indiquant un test positif, je ne voulais même pas cligner des yeux de peur que le résultat s’efface.

Un bonheur indescriptible m’avait envahi, j’étais enceinte ,j’allais être maman une deuxième fois , de l’homme que j’aimais ,de mon mari , enfin il allait connaitre le bonheur d’être père ,jamais une nouvelle n’a été aussi douce pour moi, j’étais tellement émue.

Toutes mes pensées sont allées vers mon mari, j’ai pris le téléphone pour l’appeler mais je l’ai reposé ,car mieux vaut que j’attende que le médecin me le confirme, les tests de grossesse ne sont sûrs qu’à 99%,et je ne veux pas lui donner un faux espoir.

Ce soir à sa descente et depuis des jours ,il m’a trouvé heureuse, et je l’étais vraiment, je ne voulais pas penser à nos problèmes, tout ce qui comptait pour le moment, c’est cette heureuse nouvelle, et bien évidemment nous.

-ARLON:« waouh qu’est-ce qui a changé à mon absence, je commençais à penser que tu n’allais jamais quitter ta tête de déterrer »

-MOI:« hey ,je n’avais pas une tête de déterrer »

-LUI:« oh si, j’ai eu l’impression que tu devenais de plus en plus malheureuse, tu te réveillais avec des cernes , tu te cachais pour pleurer ,tu ne mangeais plus , me fuyais et le pire tu ne voulais rien me dire ,je me sentais impuissant, je ne savais plus quoi faire pour te redonner le sourire, mais bon bref, j’ ose espérer juste que ma femme est de retour alors ».

Je ne me suis pas rendu compte que je n’étais pas la seule à souffrir, il semblerait que ces derniers jours, ont été aussi éprouvants pour moi que pour lui

-LUI:« tu sais Chris , tu es comme mon bébé et personne ne veut voir son bébé souffrir, parle-moi la prochaine fois , c’est tout ce que je te demande, mais pour cela il faudrait que tu aies d’abord confiance en moi»

-MOI:« ne m’en veux pas s’il te plaît »

-ARLON:« je ne t’en veux pas , je suis juste triste qu’importe ce qui t’a tourmenté récemment, tu ne m’as pas fait assez confiance pour partager avec moi »

-MOI:« je ne….. »

-LUI:« chut oublions ,le jour où tu te sentiras prête, tu parleras ,d’accord ?»

-MOI:« merci »

Cette nuit-là, j’ai dormi dans les bras de mon mari enveloppée de sa chaleur, je me sentais en paix.

Le lendemain matin, je suis partie chez l’obstétricien dont Évelyne m’a parlé, le médecin m’a reçu, il m’a consulté ,d’après lui je présentais les signes de grossesse mais mieux valait qu’on me fasse une prise de sang pour en être plus sûr , les résultats sortiront l’après-midi vers 18 h .

J’étais entrain de réfléchir à comment j’allais pouvoir sortir de la maison sans le dire à mon mari, car je tenais à lui faire une surprise ,heureusement pour moi vers 17h ,il m’a appelé pour me dire qu’il viendrait en retard.

Je suis partie à mon rendez-vous tranquillement ,le test sanguin avait confirmé ce que le test de grossesse avait sorti, je suis belle et bien enceinte.

J’étais tellement excitée, je me dépêchais à rentrer afin d’annoncer la nouvelle à Arlon.

J’étais déjà dans la voiture quand ,j’ai reconnu une voiture qui m’est familière, et effectivement c’était la voiture d’Arlon. Je me demandais ce que sa voiture faisait dans cette clinique,et comme les vitres sont teintées,je n’arrivais pas à voir qui est à l’intérieur.

Le chauffeur a voulu démarrer, mais je lui ai demandé d’attendre ;

La voiture s’est garée et mon mari est descendu avant de faire le tour pour ouvrir la portière du côté passager pour aider une autre personne à descendre, c’était une femme , quand elle s’est mise sur ma ligne de vision , j’ai reconnue Solange et qui se tenait bien avec un ventre énorme.

Mon cœur a manqué un battement, que signifiait tout ceci , Solange enceinte , accompagnée à la clinique par mon mari, puis la conversation d’Arlon que j’ai surpris, “je prendrai soin de vous”.

Je n’arrivais plus à bouger, mes membres ne répondaient plus ,je n’arrêtais pas de me répéter ce n’est pas possible , il n’ose pas me faire cela.

J’ai entendu le chauffeur qui me demandait si on pouvait partir

-MOI:« non on ne bouge pas d’ici, on attend »

Je voulais descendre de la voiture pour les suivre, mais j’étais tellement en colère que je sens que j’allais faire un scandale dans la clinique, j’ai préféré attendre leur sortie et là, je le suivrai.

Ils sont ressortis 45 minutes plus tard , j’ai demandé au chauffeur de les suivre

-CHAUFFEUR :« je ne peux pas ,je risque mon boulot, si jamais votre mari nous voit »

-MOI:« alors fais de telles sortes qu’il ne te voit pas car si jamais tu refuses, je te ferai renvoyer, à toi de voir »

Il a hésité un moment avant de pousser un soupir, là, j’ai compris que j’avais gagné, il a suivi la voiture en gardant une bonne distance et avec la circulation de Lubumbashi nous étions bien couvert, il a roulé à peine une demi-heure avant de prendre une petite ruelle, même pas deux pâtés de maisons,il s’est garé devant une petite villa.

Nous nous sommes arrêtés à l’angle de la maison, je suis descendue pour marcher, arrivée devant la maison.

Le courage a commencé à m’abandonner,j’ai voulu rebrousser mon chemin, mais je me suis dit que pour une fois j’allais arrêter de fuir.

D’une main tremblante, j’ai sonné deux fois à la porte, et j’ai attendue.

C’est Solange qui m’a ouvert la porte ;

-ELLE :« Zawadi que fait-tu là ?»

Je l’ai poussé pour entrer dans la maison,

-MOI:« il est où ?»

-ELLE:« qui ?»

-MOI:« ne joue pas aux innocentes avec moi ,je parle du menteur qui me sert de mari »

-SOLANGE:« attend laisse moi t’expliquer »

-MOI:« toi fermes ta gueule,si tu ne veux pas que je te frappe »

Elle est devenue livide , elle pensait que j’en étais capable et instinctivement, elle a mis son bras pour protéger son ventre , Arlon a accouru

-ARLON :« mais c’est quoi ses cris Solange , que se passe-t-il »

C’était avant de m’apercevoir, dès qu’il m’a vu ,il s’es-tu. Je me suis avancée et je l’ai giflé de toutes mes forces , j’ai voulu le frapper à nouveau, mais il a retenu mes deux mains

-LUI:« Pour l’amour de Dieu ,calme toi ce n’est pas ce que tu crois bébé »

-MOI:« si tu oses encore m’appeler bébé, je vais te gifler encore , tu m’entends !. Tu as osé enceinter cette pétasse, espèce de pervers , tous tes coups de téléphones nocturnes, c’étaient pour cela , tes retards fréquents, espèce de menteur, toi tu oses me tromper »

Puis mes larmes ont commencé à couler d’eux-mêmes

Mon Dieu ne suis-je pas par hasard entrain de hallucinée ? me suis-je interrogée en pleurant devant Arlon et sa belle Solange.

À SUIVRE…

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