Shanice prête à tout pour réussir (Chapitre 28)


Fanny

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Juste le temps pour moi de prendre un bain, Lucien me fait signe et me demande de monter jusqu’à la sortie. Je lance donc un kaba sur moi, des babouches et ma sacoche direction la route...(Shanice prête à tout pour réussir)

Shanice prête à tout pour réussir.

Chapitre 28

Il est souvent dit que l’adrénaline est quelque chose d’unique, c’est exactement ce que je ressens en ce moment. Je suis à l’entrée de l’aéroport accompagné de Lucien il est l’heure de passer par une des plus grosse étape de ma vie.

Moi Shanice avec une vingtaine de petites boules de cocaïne dans l’estomac que j’ai ingéré tôt ce matin avec l’aide et les encouragements de Lucien.

****Flashback****

Cinq heures du matin, je suis debout à attendre que Lucien se ramène avec son frère Farouk. Je n’arrête pas de tourner en rond en repensant à ma décision, j’aurais du maintenir mon non mais je ne sais pas quelle emprise ce gars à sur moi c’est à la limite mystique.

Je n’arrive pas à lui dire non, je suis incapable de maintenir une toute petite décision et encore me voilà me lançant à l’aveuglette dans une aventure aussi risquée que tentante.

Oui j’ai envie de me prouver à moi même que je suis capable de réaliser ce que les autres ont réalisés, d’arriver à l’extrême et m’en sortir.

Je crois que ce qui me fascine c’est le goût du risque oui j’aime sentir cette adrénaline fouetter dans mes veines, vivre des aventures presque irréelles et pourtant vraies.

La porte s’ouvre sur les deux hommes, Lucien avec son téléphone à l’oreille et Farouk avec une sorte de thermos qu’il vient déposer sur la table de la chambre.

Peu de temps après Lucien nous rejoint et m’explique comment je vais devoir avaler les boules qui font la taille d’une noisette.

Lui: Écoutes bébé c’est hyper facile. Tu prends une comme ça, tu l’envoi au fond de ta gorge et tu pousse avec un peu d’eau tu comprends, comme quand tu avale un comprimé c’est la même procédure. Dit-il en faisant les gestes qui vont avec.

Moi: Sauf que là elle est plutôt un peu grosse ta pilule. Bon allons-y j’espère pouvoir les avaler toutes.

Lui: Je te connais ainsi que cette lueur de malice qui danse dans tes iris actuellement. Tu y arrives toujours ma Shanice à moi.

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Sur ces mots, je me mets à forcer aussi loin que je peux d’enfoncer délicatement les boules, l’une après l’autre et de les avaler en pensant à autre chose.

Je m’évade en pensant à comment je réaliserais enfin mon rêve ouvrir mon institut et tourner le dos à toute cette merde car oui ce sera mon dernier tournant. Sans m’en rendre compte je finis par avaler les 20 boules me sentant soudainement pleine à craquer.

Puis s’en vient le moment de partir après m’être reposé une heure de temps, Lucien me ramène les vêtements que je dois porter ainsi que le faux ventre de grossesse.

On m’aurait dit que ça existait que je n’aurais jamais crû, je comprends maintenant ce qu’utilise ces actrices blanches dans leur films et séries.

Je suis en même temps excité comme une petite fille à l’idée de jouer un rôle de femme enceinte mais aussi stressé du fait qu’au moindre soupçon de la part des contrôleurs à l’aéroport je puisse me faire prendre et risquer ma liberté pour Dieu seul sait combien de temps.

Des perles de sueur roulent sur mon front alors que les deux hommes me façonnent de tel en sorte que le résultat final que me renvoie mon miroir soit parfait. On dirait vraiment une femme enceinte avec ce collant, cette robe un peu ample, ces bottines ainsi que cette écharpe qui orne mon cou.

Lucien: Parfait. Dit-il en admirant son chef d’œuvre.

Farouk; C’est réussi !.

C’est ainsi que nous prenons la route de l’aéroport.

****Fin du flashback.*****

Lucien: Bébé regarde moi, sois le plus naturelle possible. Ce n’est que si tu laisses quelque chose paraître qu’ils auront des soupçons. Nous sommes un jeune couple qui attend un bébé et se rendent dans leur pays pour les vacances d’accord ?

Moi: Oui. J’ai peur mais je gère t’inquiète.

Lui: Tu es avec moi, je suis là rien ne peut t’arriver. Me rassure-t-il.

Mes esprits reprit en mains nous pénétrons dans le hall, moi mon sac en main et mon téléphone feignant de le manipuler et Lucien en avant tirant nos valises.

Au moment de passer à côté des policiers mon cœur commence à battre mille à l’heure, tellement fort que j’ai l’impression que tout le monde l’entend. Ma tête tourne, mes yeux pèsent et mes jambes perdent l’équilibre me faisant tituber et glisser avant d’être rattraper par un inconnu derrière moi. Lucien laisse les valises et se dépêche de venir à moi.

Lui; Bébé, Shanice ça va? Demande-t-il inquiet.

Le monsieur qui me tenait ainsi que deux policiers sont présent autour de moi.

L’homme : Elle à faillit s’évanouir je crois qu’elle à fait un malaise monsieur. Dit-il me remettant entre les mains de Lucien.

Lucien: C’est ma fiancé. Nous allons avoir un bébé, certainement les bobos des femmes enceinte mais ça va aller. Viens bébé, viens t’asseoir calme toi tout ira bien d’accord ?. Demande-t-il en me redressant délicatement.

J’hoche la tête pour simple réponse et il me conduit à une chaise.

Policier : Je vais vous chercher une bouteille d’eau. Propose-t-il.

Lucien : Merci monsieur.

Une fois le policier dos tourné, Lucien change mais parle à voix base en me serrant contre lui de façon à ce que je sois la seule à l’écouter.

Lui:Arrêtes ce cinéma! Je t’interdis de jouer ta stupide, ce n’est pas le moment.

Moi: J’ai eu un malaise, je ne joues à aucun rôle espèce d’imbécile!.

Pour qui il se prend? Ce n’est pas lui qui risque la prison en transportant presque une kilo et demi dans son ventre. Le policier revient une bouteille d’eau et me la tend mais Lucien la prend puis l’ouvre et me la mets dans la bouche. J’avale juste une petite gorgée.

Lucien : merci beaucoup. Ça ne lui arrive pas souvent.

Policier 2: Les femmes enceintes sont très sensibles. Vous savez le fait de voir du monde peut également la bouleverser si elle n’en à pas l’habitude?

Moi: Je…. J’ai juste perdu un peu d’équilibre. Je n’ai bu que du lait ce matin pas d’appétit je crois que les effets se font déjà ressentir. Dis-je massant mes tempes.

Lucien: Dans ce cas je vais te prendre un truc à grignoter. Je te laisses avec les policiers un instant je reviens mon cœur. Dit-il en déposant un baiser sur mon front.

Je discute un peu avec eux, leur questions tournent autour de ma grossesse. Combien de mois, le sexe, le pays où je me rends . je réponds minutieusement à leur questions sans trop naviguer car n’importe quoi peu m’échapper.

Quelques minutes plus tard mon supposé fiancé est de retour avec un sandwich en main qu’il me donne, les policiers discutent quelques secondes avec lui puis nous laissent.

Je finis par remballer le sandwich et le jette dans la poubelle car il est m’interdit d’avaler quoi que ce soit comme nourriture jusqu’à notre arrivé, l’embarquement est annoncé et ce n’est qu’à ce moment qu’on se rend compte que mon petit malaise à joué en notre faveur car nous passons sans problèmes le control direction le pays.

Presque huit heures de temps après, huit heures de torture psychologique en sachant ce que je transporte en moi, huit heures de tourment, d’angoisse et de réflexion notre avion atterri enfin à l’aéroport de nsimalen Yaoundé.

Lorsque mes pieds touchent le sol, je ne peux m’empêcher de fermer les yeux et inspirer un grand coup.

Il m’est arrivé plus d’une fois de penser que je ne reverrais jamais mon pays, que je ne pourrais plus jamais respirer de cet air, l’air de chez moi, revoir ces visages qui me sont si familiers et apprécier chaque chose que j’observe en ce moment.

Lucien me sort de ma rêverie en me prenant par la main pour me faire avancer tel un vrai couple nous longeons le hall passant facilement jusqu’à l’extérieur où est déjà garée sa voiture.

Lui: Salut Man, merci bien. Dit-il au jeune homme adossé sur la voiture blanche en lui faisant une tape amicale.

Le mec: De rien. Le voyage à été ? Bonsoir ma chérie. Dit-il en me tendant la main.

Moi: Bonsoir . Je réponds en la serrant.

Lucien ; Oui oui. Allons-y je suis épuisé.

Je monte à l’arrière , son ami à l’avant et Lucien mets le moteur en marche direction le Hilton. Sa suite avait déjà été réservée et aménagé d’après ce que j’ai pu constaté quand nous sommes arrivés.

Une fois dans la chambre il me tire jusqu’aux toilettes et sort de son sac une bouteille contenant un liquide marron qu’il me demande de boire.

Moi: C’est quoi?

Lui: Shanice j’ai les nerfs à fleur de peau là, ne m’énerve pas d’avantage et avale moi ce truc. C’est pour évacuer ma drogue!. Crie-t-il tremblant de rage.

Moi:Oh!… Dis-je pour seul réplique.

Je ferme les yeux et avale le produit qui à un goût pas agréable mais pas très désagréable non plus. Il sort un récipient qui ressemble beaucoup à une gouttière qu’il place sur le bidet pendant que je me débarrasse de mon collant ainsi que du faux ventre.

Lui: Assieds toi ponds moi mes boules, une fois terminé fais signe. Dit-il en tournant le dos.

Il sort et claque derrière lui la porte. Pourquoi il est si furieux tout d’un coup ? Ce mec est dérangé ou bipolaire. Je me sens honteuse lorsque je commence à me mettre à l’aise tout en sentant les boules sortir, seigneur qui donne des idées aussi tordues aux humains ?

Où allons nous?. Je termine des minutes plus tard et me nettoie avant de crier à l’autre que c’est bon. J’ai du mal à regarder ma propre merde, comment va-t-il récupérer ça ?

Il est hors de questions que je plonge mes mains dans ça pour retirer ses fameuses boules. Je les ai porté en moi je crois que c’est suffisant. La porte s’ouvre sur l’ami de Lucien muni dune paire de gant médicale qui me demande de sortir et le laisser travailler.

Drôle de travail me dis-je intérieurement en sortant. Lucien est encore au téléphone alors j’en profite pour me servir un bon verre de whisky que je descend rapidement.

Dix à quinze minutes plus tard le mystérieux ami sort des toilettes tout propre dans un plastique la poudre que je reconnais bien. Il la donne à Lucien puis les deux discutent en aparté.

Je n’ai qu’une envie c’est de sortir d’ici pour aller voir mon amie, la serrer fort dans mes bras et lui dire je suis enfin là. Lucien revient vers moi ;

Lui;Bon tu vas rentrer et demain je viens te chercher à dix heures pour te remettre l’argent comme convenu d’accord ?

Moi: D’accord.

Lui : Je suis fière de toi. Tu es une guerrière.

Moi: Toujours prête.

Je tourne le dos après qu’il m’ait remit une somme de cinquante-mille francs CFA. Je stoppe un taxi dépôt direction omnisport chez ma copine, le long du trajet je regarde tout et ça me semble être un petit rêve.

C’est fou ce que trois mois peuvent paraître longs on dirait que je redécouvre ma ville celle là même qui m’a vue grandir, Shanice la mbenguiste est dans la place.

Le taxi me dépose net en bas de ses escaliers, la lumière encore brillante me confirme qu’elle est à l’intérieur. Je porte ma valise jusqu’en haut et toque à sa porte qu’elle ouvre presque immédiatement, sa tête lorsqu’elle me voit est à mourir de rire. Elle à faillit s’évanouir avant de me sauter dessus comme une folle en criant de joie, ce qu’elle ma manquée.

Elle: Antiii kooooh !!!! Obono c’est quelle genre de surprise ça ? Tu veux couper mon cœur ma sœur ? Pourquoi tu ne m’as rien dis ? Hein!?. Demande-t-elle en me faisant tourner sur moi-même pour m’admirer.

Moi: Tu ne me laisses pas d’abord entrer la fille ci? Je suis fatigué hein.

Elle: Eh pardon entre ma’a entre. C’est l’émotion nooorh!!. Aïe ma mbenguiste de retour ça va tuer!.

Je m’installe dans son salon où nous commençons directement à papoter. Je lui raconte toute mon aventure sans rien lui cacher et elle m’écoute attentivement passant par des exclamations de surprise, d’horreur, de tristesse et de fou rire. Je suis si heureuse de la retrouver elle m’a tellement manqué.

Elle; Hum Shanice tu es vraiment une prêtre à tout. Ton courage me dépasse je ne sais même pas quoi dire. Que Dieu bénisse ce Patrick là les gens comme ça sont si rares. S’il ne t’avait pas aidé je n’ose pas imaginer où tu serais présentement.

Moi: Je ne l’oublierais jamais. Dis tu as des nouvelles de ma mère ?

Elle: Shanice la mater est souffrante. Elle ne va pas bien du tout aux dernières nouvelles. Dit-il la mine triste.

Moi : Quoi? Comment ça, ma mère à quoi Nicole dis moi s’il te plais !! Demandai-je affolé.

Elle : La typhoïde d’après ce qui m’a dit ta sœur et aussi la tension.

Je m’effondre presque face à cette nouvelle. Ma pauvre petite maman.

Moi: Elle va à l’hôpital ?

Elle:Tu sais que ta maman ne me supporte pas. Je suis passé la voir à la maison elle n’avait pas bonne mine alors je lui ai donné cent-mille, l’argent que tu m’avais demandé de lui remettre là. Elle à voulut refuser alors je lui ai dit que ça venait de moi qu’elle accepte ce qui à été le cas. Alice m’a dit avant-hier que ça allait déjà mieux.

Moi: Tu aurais du me le dire Nicole.

Elle: Pour t’angoisser plus ?

Elle n’a pas tord mais c’est ma maman la seule que j’ai sur cette terre s’il lui arrivait malheur je ne pourrais me le pardonner.

Moi; J’irais la voir demain. Même si elle me chasse j’irais encore après demain. Dis-je avec détermination.

Je passe la nuit chez mon amie et le matin à neuf heures je rentre chez moi. La maison est propre et bien rangée, Nicole en à vraiment prit soins et je lui en suis reconnaissante.

Juste le temps pour moi de prendre un bain, Lucien me fait signe et me demande de monter jusqu’à la sortie. Je lance donc un kaba sur moi, des babouches et ma sacoche direction la route.

Sa voiture est garée juste à la sortie du quartier, il me remet une enveloppe dans laquelle repose beaucoup de billets de dix milles. Je prends la peine de les compter et grande est ma surprise de découvrir une somme de trois millions Cinq-Cents milles francs CFA soit Cinq-Cents milles francs de plus.

Lui: Oui tu le mérite bébé, tu as été excellente là-bas et même ici. Je sais maintenant que j’ai trouvé mon allié sûre. Je vais te mettre en contact avec un gros poisson, quelqu’un de très connu qui est un de mes clients régulier et si tu joues bien tes cartes, tu vas gagner gros.

Pour entrer en contact avec lui tu iras faire sa prochaine livraison le moment venu. Tu as du potentiel fais en bon usage. Dit-il sérieusement.

Moi : Merci beaucoup tu ne sais pas ce que représente ça pour moi. C’est un nouveau départ qui commence.

Lui: Tu devrais ouvrir un compte bancaire ça te sera utile plus tard. Marcher avec de l’argent ainsi c’est très risqué.

Moi: Je vais le faire. Tu pourrais s’il te plaît me déposer chez ma copine?c’est non loin d’ici.

Lui:Okay.

Il me déposé chez Nicole puis s’en va. Assisses dans le salon nous discutons sur comment gérer tout ce que j’ai déjà.

Elle: Shanice l’argent que tu m’as envoyé là , enlevé ce que j’ai donné à maman et Alice il reste dans les un million deux cent et poussière de milles plus ces trois millions Cinq-Cents tu vas dans quatre millions et plus.

Je crois que c’est largement suffisant pour acheter un fond et lancer ton projet. Me Confie-t-elle.

Moi: Oui tu as raison mais j’aurais aimé retaper un peu la maison de ma mère aussi. Dis-je la mine triste.

Elle: Shanice tu ne peux pas tout faire d’un seul coup. l’Institut va te rapporter gros ainsi tu pourras réaliser ce que tu voudras par la suite c’est un pas après l’autre. Doucement doucement ma puce.

Moi : Tu as raison faisons donc comme tu as dis. Après tout ce que j’ai enduré je vais enfin pouvoir sourire et me dire que mes efforts ont payés. Peu importe le moyen qu’on emprunte pour réussir l’essentiel c’est la réussite.

Elle: Je suis d’accord. Les beaux jours arrivent.

Enfin pour une fois je vois la lumière à l’horizon. Il suffit juste d’avancer de quelques pas et je verrais cette lumière au bout du tunnel. Rien ne pourra plus m’arrêter maintenant absolument rien.

À suivre….

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